Histoires de radio

Portugal:
La mort de Radio Televisão Portuguesa Internacional




Les coulisses d'une décision de suspendre provisoirement pour évaluation les émissions de RTP Internationale sur ondes courtes.



On a tué RTP Internacional.
Le 1er juin 2012, Radio Televisão Portuguesa (RTP) a décidé de «suspendre provisoirement pour évaluation» les émissions de RTP Internationale sur ondes courtes.
Comme justification, le gouvernement et la RTP ont fait valoir que la captation de ces émissions est assurée par satellite et Internet, censément garantir la situation "de l'écrasante majorité des auditeurs de RTP International"

La défense de la langue et de la culture.
Dans les milieux culturels on s'est inquiété car les perspectives de défense et de diffusion de la langue et de la culture portugaise en étaient affectées. Radio Portugal comptait de nombreux auditeurs de par le monde et on ne pouvait ignorer les répercutions sur le tourisme.
Pendant plus de deux décennies, le RDPI a tenu un festival annuel en juillet ou août pour rassembler une partie de sa population cible prioritaire, les migrants qui, en grand nombre, retournent au Portugal pour un vacances avec la famille et les amis. C'est un moment privilégié d'interaction entre le vaste auditorium de la RDPI et le personnel qui concrétise leurs émissions chaque jour.

Une décision contestée.
Nombreux auditeurs et hommes politiques ont voulu demander des explications à la radio et au Gouvernement qui ont eu du mal à les fournir, et pour cause! Cette mesure a été réalisée sans aucune évaluation ou étude préalable et aucun groupe de travail, aucune structure de suivi et d'évaluation n'a été créé dans l'entreprise.
Le but n'était pas une évaluation mais l'extinction définitive de ces émissions.

Une explication chaotique.
A force d'insister le Gouvernement a avouer s'être basé sur le fait que Radio Europe Libre et la Deutsche Welle supprimaient leurs émetteurs installés au Portugal et que c'était la preuve qu'il n'y avait plus d'intérêt d'émettre en ondes courtes.
C'était oublier que les 2 stations diffusaient de la propagande vers les pays de l'est, qui étaient libres maintenant. De plus Radio Free Europe déménageait pour s'installer à Prague. Le but de l'arrêt de ces émetteurs étaient justifiés uniquement par la situation politique dans des pays vers lesquels Radio Portugal n'émettait pas.

Qui écoutait Radio Portugal ?
Outre les émissions pour les auditeurs étrangers, Radio Portugal assurait principalement la couverture de ses anciennes colonies.
Une population qui vit dans des pays ne disposant pas nécessairement des nouvelles technologies comme le Cap Vert, et Brésil, la Guinée-Bissau ou encore en l'Angola.
Des pays où les ondes courtes sont toujours fort écoutées et où il n'existe aucun autre moyen de couverture : Les accès à Internet et aux systèmes de réception par satellite sont presque inexistants.
La vérité est que le public des ondes courtes est en déclin exclusivement dans les pays les plus riches et plus développés. En Afrique et en Amérique latine c'est loin d'être le cas !

La situation sur le terrain :
Au Brésil, il y a plus de 50 radiodiffuseurs qui diffusent sur les ondes courtes et de nouvelles stations s'installent.
Selon la loi, la retransmission de RDP en FM est impossible en Angola et le seul mode de transmission viable et efficace est en ondes courtes.
Au Mozambique, il existait seulement quatre émetteurs FM dans quatre villes et RDP ne pouvait être reçue que dans un rayon de quelques kilomètres et seules les ondes courtes pouvaient garantir une couverture complète du territoire.

Le gouvernement s'enlise..
Pour sortir de cette crise, le Gouvernement et RDP ont fait valoir que la mesure n'a pas entraîné de réactions des auditeurs.
Après vérification, l'Assemblée de la République a découvert plusieurs plaintes d'auditeurs qui avait contacté la Direction Technique et le Médiateur de la RDP.
C'était une situation embarrassante pour le gouvernement et la radio car des investissements de près de 6 millions d'euros dans le système d'émissions ondes courtes entre 2003 et 2006.

Les syndicats à la rescousse
Commission des travailleurs de la RTP rajoute une couche et souligne que les ondes courtes ne peuvent être contrôlées par des barrières de quelque nature qu'elles soient, elles ne peuvent être confinées à des frontières nationales ou idéologiques.
Ils peuvent être réglés à travers des appareils simples et portables.
Ils ne peuvent pas être censurés. Il n'est pas possible de repérer qui écoute la radio, contrairement à ceux qui accèdent par Internet. C'est aussi un facteur indispensable et irremplaçable de la souveraineté d'un peuple et de son affirmation dans le monde.

Et l'Assemblée de la République !
L'Assemblée de la République, conformément au paragraphe 5 de l'article 166 de la Constitution, décide de recommander au gouvernement la mise en œuvre des mesures nécessaires pour reprendre les émissions à ondes courtes de RDP Internacional.

Une mort annoncée.
Malgré toutes ces interventions, le Gouvernement et RDP n'ont pas revu leur positions et la station a été abandonnée. S. Gabriel est mort et ce n'est pas seulement la mort d'une station mais aussi celle de tout un village car la station était fort isolée et disposait de villas pour les membres du personnel et leurs familles. Il y avait même une église.

Le village fantôme de Sao Gabriel
Le quartier de São Gabriel se trouve dans la commune de Montijo (Setúbal), il a été conçu en 1951 pour accueillir les employés du Centre émetteur de ondes courtes.
Les 22 maisons, impeccablement blanchies à la chaux sont toujours là à proximité de l'EN10, mais vides.
« Le quartier de São Gabriel appartient à l’État, il y a eu des pourparlers dans le passé avec la municipalité de Montijo mais sans résultats ». Laissé à l'abandon depuis 2012, officiellement « Les émissions ondes courtes ont été suspendus depuis le 1er Juin 2011. Mais le centre est pas fermé, »
22 villas, un lac abandonné devant une école fermée, une petite aire de jeux, un terrain de football sont les signes que de nombreux enfants y ont vécu. On y trouve aussi, un petit kiosque et une sympathique église.
Certains villas, déjà visiblement dégradés, semblent avoir été abandonnés il y a plusieurs années, d'autres il y a quelques mois.

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