Histoires de radio

Georgie:
Centre Radio n°5, les oubliés de la guerre froide survivent.




A 50 km au nord de Tbilissi se trouve une communauté mystérieuse de techniciens radio russes. Oubliés de la guerre froide, Ils habitent dans un village sans nom qui faisait partie du Centre Radio n° 5.



Le Centre Radio n°5.
Le Centre Radio n°5 avait été créé principalement pour le brouillage brouillage des stations étrangères. Pour l'activité de brouillage, elle avait le nom code de "Objet n°5"  car ont ne parlait même pas de centre radio ni de station émettrice car on aurait dévoilé son activité. Le centre était un des maillons des installations de brouillage radioélectrique de l'URSS et les activités de brouillage devaient rester secrètes.
En dévoiler l’existence aurait inciter la population à écouter les stations anti-soviétiques : La BBC, la Voix de l'Amérique, Radio Liberty, la Voix d'Israël, Deutsche Welle, Radio Vatican, ainsi que les pays socialistes qui critiquaient l'URSS, tels que Radio Tirana en Albanie et Radio Peking en Chine.

Une confidentialité bien gardée.
Dans les années 50, pour assurer les différentes fonctions dans les stations de brouillage dans la plus grande confidentialité, l'état soviétique n'a pas hésité à déplacer des populations.
Lorsque le poste émetteur a ouvert ses portes, les premiers employés venaient principalement de Russie, d'Ukraine et des États baltes. L'émetteur employait plus de 100 personnes.

Une véritable colonie au milieu de nulle part.
C'était un isolement total pour le personnel et leurs familles : Un villages a été créé de toute pièce dans l'enceinte du centre émetteur.
Le village disposaient d'école maternelle, une école primaire, un cinéma, un hôpital, une boutique et.. rien d'autre!
Officiellement les travailleurs étaient autorisés à quitter leur établissement mais rien n'était fait pour les encouragés.
Les employés de la station avaient tout ce dont ils avaient besoin sans avoir à partir. Ils avaient néanmoins droit à des excursions et à des vacances plusieurs fois par an, c'était des sorties strictement encadrées.
Impossible de recevoir des invités, l'enceinte était clôturée et des gardes contrôlaient l'accès.
Après la petite école du village, les enfants avaient l'opportunité d'être envoyés à Moscou pour poursuivre les études ou de travailler à la station.
Le dernier directeur était le fils des premiers travailleurs !

Un centre bien connu de la CIA.
Le Centre Radio n°5 était située au nord du lac Bazaleti et le ville de Doucheti. S'il était inconnu des habitants de la région, Il avait, par contre, été repéré par la CIA qui en avait dressé les plans sur base de repérages aériens. C'est grâce à ces plans que nous pouvons nous faire une idée de l'ampleur des installations.
Sur place tout était contrôlé, entrée dans le village et des contrôles de sécurité supplémentaires pour entrer dans les bâtiments des émetteurs. Interdiction formelle de photographier et chasse aux appareils photos !

Une succursale de Moscou.
La station recevait directement ses ordres de Moscou. Le gouvernement central se servait des émetteurs pour le brouillage, mais a également pour diffuser des émissions régulières de Radio Moscou pour la région de Tbilissi sur ondes moyennes et grandes ondes.
Selon d'anciens employés, la plupart des fonctionnaires du Gouvernement local de Géorgie n'étaient même pas au courant de l'existence de ce centre.
En aucun cas, les employés n'étaient censés écouter les émissions de radio «anti-soviétiques» qu'ils interceptaient. Aujourd'hui, cependant, la plupart de ceux qui vivent encore au Centre Radio n°5 avouent qu'ils ont cédé à la tentation. Jamais dans le passé ils n'auraient fait pareille déclaration car, outre la suppression du salaire, les arrestations pour de telles activités n'étaient pas rares.

Les émetteurs et antennes.
Pour le brouillage sur ondes courtes, la station utilisait des émetteurs de 100 kw et un réseau d'antennes rideaux tendus entre 35 pylônes de 40, 60 et 100 mètres.
Ce réseau était complété par plusieurs antennes rhombiques soutenues par des mats de quelques mètres.
Pour les ondes moyennes et les grandes ondes, les antennes étaient constitués de mats en treillis métalliques omnidirectionnels de 219,5 mètres et 233 mètres.

Après le régime de l'URSS les émetteurs ont encore été utilisés par moment par Radio Erti lors d'événements spéciaux :
En ondes longues sur 189 kHz avec 100-150-250 kW (500kw couplés)
En ondes moyennes sur 1215 kHz avec 125 kW.
En ondes courtes, vers 2002, les émetteurs devaient assurer le service international mais ils sont devenus silencieux, victimes de la crise énergétique.

La fin du brouillage et le début de la brouille.
En 1988, la Glasnost a mis fin au brouillage, seules les activités de relais de Moscou sur ondes moyennes et grandes ondes ont continué pendant quelques années.
Après l'effondrement de l'URSS trois ans plus tard, la Géorgie a pris ses distances avec la Russie. Les émetteurs se sont arrêtés et le personnel a arrêté de recevoir leurs salaires et avantages.

Un village sans nom qui n'existe pas.
Aujourd'hui encore, près de 30 ans après la dissolution de l'Union soviétique, les quelques 50 familles d'anciens employés de la station vivent ou survivent dans ce village abandonné avec une pension de moins de 80 € par mois
Le gouvernement géorgien les ignore complètement, les laissant isolées et sans leurs avantages antérieurs. Pour recevoir des prestations d'aide sociale, ils veulent que les autorités locales reconnaissent leur village comme un village ou qu'ils puissent faire partie du village voisin de Bazaleti.

Un démantèlement progressif.
Les antennes ont été progressivement démontées par des ferrailleurs.
Un des deux bâtiments des émetteurs, celui qui abritait les émetteurs OC, vient d'être transformé en Centre de formation de Bazaleti de l'Université Libre.
L'autre bâtiment, qui diffusait sur ondes moyennes et grandes ondes est toujours à l'abandon.

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